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Chapitre 4Luagar-dragon

 

Les clans vivant sur les flancs de la Montagne-Très-Haute n'étaient pas hostiles. Aucun n'était véritablement armé. Dans tous les villages, les huttes, construites en pierre et les gens étaient parés de nombreux talismans sculptés ou brodés. Des lances de taille impressionnante étaient plantées, de façon invariable, sur la place de chacun des villages. Mais nulle part personne ne savait manier une sagaie. Ils étaient par contre très habiles à façonner des parures éclatantes de lumière à partir de petites pierres informes ou bien des vêtements de toutes les couleurs avec les poils de leurs bêtes et les plantes qu'ils achetaient à la cité.

Chasser et tenir les armes était le droit seulement du clan Près-Du-Lac, leur expliqua-t-on plus d'une fois et s'ils ne se privaient pas de venir chasser le lapin, cela faisait par contre très longtemps qu'il n'aidait plus les bergers à défendre leurs troupeaux contre les bêtes qui viennent d'en haut.

La peur, sans doute, les avait fait renoncer... Les bêtes d'en-haut étaient tellement dangereuses ! Mais elles hésitaient, malgré tout, à s'en prendre aux troupeaux de bêtes à cornes.

En deux villages, on leur raconta que les bêtes à cornes, quand elles chargent toutes ensemble, peuvent écraser la bête d'en haut, si ça n'est pas un adulte.

 

2010-dragon

 

Luagar se sentit blessé dans sa propre chair, certain que la bête d'en-haut dont on traitait ainsi les petits était le dragon auquel son clan devait tant. Mais après tout... Peut-être ces gens n'étaient-ils pas heureux de ce voisinage ? C'était bien étrange, d'ailleurs, car ces villages étaient autrement plus accueillants que la grande cité du clan Près-Du-Lac. L'Esprit-Dragon, ici, avait bien mal distribué ses faveurs !

Ils avaient pris soin, dans la plupart des villages, de cacher leurs marques, mais il s'en trouva un où ils durent les montrer. La forte stature d'Hughar et les airs un peu patauds de Dusiak ayant tout de suite plu à des filles du coin, Ospiar et Luagar s'étaient mis au défi du premier qui en séduit une. Oliark avait préféré s'occuper à négocier un talisman ouvragé en vue de l'offrir à sa future épouse et une tunique colorée.

Inévitablement, il s'écoula très peu de temps avant que des cris terrorisés attirent l'attention sur les marques qu'ils portaient tous. Les villageois firent cercle autour d'eux avec des mines donnant à penser que si ces gens-là n'avaient pas été aussi pacifiques, l'affaire se serait terminée dans le sang. Certains avaient ramassé des pierres. D'autres avaient crié des malédictions.