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Chap 3 (suite)Luagar-dragon

 

Ils n'osèrent pas menacer les chasseurs pour leur faire changer de chemin. Ils auraient pu refuser de les mener et eux-mêmes ignoraient le maniement de ces engins. Mais la surface, maintenant, devenait plus claire et on y devinait des formes en mouvement. Rien de tout cela n'aurait été rassurant si, finalement, ils n'avaient croisé sur leur chemin d'autres « à-plat-sur-la-surface » depuis lesquels des hommes, des femmes et même des enfants enfonçaient dans l'eau des espèces de sagaies à deux pointes. Certains les remontaient avec dessus un de ces animaux dont se nourrissait ce peuple qui semblait craindre l'Esprit-Dragon.

Les chasseurs les laissèrent à autre village de huttes sur pieux, mais celui-là était immense et une étrange construction le reliait à un autre qui se trouvait, lui, tout en bas du flanc de la montagne. Dans cet endroit, tout le monde semblait très occupé et nul ne semblait les voir. Leur habit de fourrure couvert de boue était pourtant une jolie façon de se distinguer des gens du lieu, dont la plupart portaient un tablier de cuir serré par une ceinture tenant plusieurs poches suspendues et un bonnet d'une matière étrange.

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Un enfant accepta de les conduire à la personne s'occupant de cette partie de la ville, une femme très âgée. Sa maison était remplie d'objets de toutes sortes dont elle leur expliqua qu'ils venaient de partout car la cité était riche de son commerce.

Elle fut surprise de les découvrir intéressés par la Montagne-Très-Haute. Il n'y vivait, dit-elle, que des éleveurs de troupeaux et leurs bêtes. Des gens sans âme, emplis de superstitions stupides. Ça n'était pas un endroit intéressant pour des voyageurs. Ces gens-là n'auraient pas pu continuer d'exister sans la ville. A qui donc auraient-ils vendu leurs bêtes ? Ils en demandaient d'ailleurs souvent bien peu ! Les cuirs et les viandes de ces animaux valaient très cher, mais eux se contentaient de quelques plantes dont ils ne pourraient sûrement rien faire.

Puis elle les interrogea longuement sur le Pays-Où-Les-Bêtes-Ne-Vont-Pas. Si peu d'humains y étaient entrés et en étaient ressortis ! Ils avaient transporté quelques-uns de ces cristaux qui avaient tant de fois manqué percer leurs bottes. Elle aurait aimé les leur acheter, mais ils n'avaient besoin de rien qu'elle puisse leur proposer et préférèrent les garder.

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