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Chapitre 2Luagar-dragon

 

De loin, la veille, ils avaient cru trouver des rocher où s'abriter pour la nuit. Il faisait déjà très sombre quand ils les avaient aperçus et il n'y étaient arrivés que par l'exceptionnelle capacité des yeux dissemblables d'Oliark à percer les ténèbres.

Il les avait plusieurs fois surpris à pouvoir décocher une flèche et atteindre un oiseau alors que la lumière était déjà devenue grise. Quand l'un ou l'autre l'interrogeait à ce propos, il disait que c'était à cause de ses yeux qui étaient l'un marron, l'autre bleu. Signe indiscutable que l'esprit-lumière était sur lui, puisque personne dans son clan n'avait les yeux autre que bleus ou verts.

A chaque fois, des sourires un peu narquois mais aussi discrets que possible répondaient à cette fière affirmation. Il était trop bien connu que le clan du Marais Noir rechignait à donner ses filles à d'autres clans et réussissait rarement à réunir des offrandes pour leur demander à eux des épouses. C'était un clan au sang faible où plus personne de sensé n'avait depuis longtemps l'idée même de prendre des captives. Les yeux dissemblables d'Oliark venaient de là, sûrement. S'ils lui permettaient d'y voir mieux qu'un autre...Tant mieux... Mais il n'est jamais bon de se montrer trop fier des cadeaux des esprits.

Les pierres qui dépassaient de la neige étaient, au jour, de bien étrange apparence. Elles semblaient même avoir été façonnées. Mais qui aurait taillé des blocs d'une si grande taille ?

2012-Bouh

Ici et là, des choses noirâtres dépassaient de la roche.

- « Du fer... » Avait dit Ospiar, sur un ton étrange, à la fois pensif et méfiant. Inquiet peut-être.

Il n'était pas entré dans les détails de ce que cela lui inspirait. Dusiak et Hugarh avaient jeté un regard sombre sur le coutelas d'acier qu'il avait au côté. Son clan en possédait beaucoup, mais ils avaient refusé d'en fournir à l'expédition. Le sacrifice qu'ils avaient fait de se défaire de la griffe leur avait semblé amplement suffisant.

Oliark, quand à lui, était tombé en admiration devant un minuscule objet qu'il avait trouvé entre deux blocs. La chose semblait être un pendentif. Il devait avoir une puissante magie en lui. Ce serait un cadeau de prix à offrir au père de la fille qu'il espérait épouser.

La Montagne-Très-Haute était encore loin. Il fallait d'abord traverser le Pays Où-Les-Bêtes Ne Vont Pas. Ils auraient peut-être pu le contourner... Mais personne ne savait s'il existait un chemin qui permette de le faire. Traverser le Pays Où-Les-Bêtes Ne Vont Pas était ardu, mais cela avait déjà été fait.

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